29.06.2008

La Jeunesse des Mousquetaires


 
Alexandre  Dumas

LA  JEUNESSE
 
DES
 
MOUSQUETAIRES


THÉÂTRE
 
 
MOUSQ75II.jpg
 
 
                                                                               Adaptation
                                                              pour lire et pour jouer... 
 
 
* * * * *  
 
 
 
 

AVANT - PROPOS

POUR LIRE ET POUR JOUER...

VOICI D'ABORD UN RÉCIT ILLUSTRÉ
ET
LE CHOIX ENTRE TROIS PIÈCES :

 - UNE COURTE
 - UNE MOINS COURTE
 - UNE PLUS LONGUE
 
Voyons, voyons...
 
 
 
 
* * * * *
 
 
 

CE QU'IL FAUT SAVOIR



LE ROMAN D'ALEXANDRE DUMAS

LES TROIS MOUSQUETAIRES

          DATE DE 1844 .

* * *


 

LA JEUNESSE DES

MOUSQUETAIRES

 

          EST UNE ADAPTATION THÉÂTRALE DE CE ROMAN .

 

( Drame en cinq actes, en douze tableaux, avec prologue et épilogue.
Première à Paris, au "Théâtre-Historique", le le 17 février 1849.)

 * * *


          Alexandre Dumas était dans son temps aussi célèbre
          comme dramature que comme romancier.

 

 

Vous trouverez ici :

1 - L'HISTOIRE EN IMAGES

Ces quelques pages présentent l'essentiel de ce que l'auteur a gardé du roman pour composer sa pièce .

(Illustrations de J.A. Beaucé et F. Philippoteaux, empruntées à la remarquable édition des Trois Mousquetaires, en  1852, chez Marescq et Cie, Libraires,Paris.)


2 - LE QUATRIÈME MOUSQUETAIRE

Adaptation brève du début de la pièce, pour un spectacle d'un quart d'heure environ (plus ou moins selon la mise en scène).


3 - LES DIAMANTS DE LA REINE

Version courte de l'adaptation de la pièce, qui donne une suite à l'extrait précédent, pour un spectacle d'une quarantaine de minutes  .


4 - LA JEUNESSE DES MOUSQUETAIRES

Version longue, avec prologue et épilogue, mais adaptation toujours  (nous resterons très loin des spectacles montés par Dumas, qui duraient parfois six ou sept heures .)

 

* * * * *

L'HISTOIRE

EN IMAGES

1


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D'Artagnan, gentilhomme de Gascogne, fort jeune et très pauvre, se rend à Paris pour y devenir mousquetaire.



2

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Ce jeune Gascon ne supporte pas la moindre raillerie.
A la porte d'une auberge, croyant qu'un gentilhomme, M. de Rochefort, se moque de son cheval, il le provoque.
Mais le duel n'aura pas lieu car les aubergistes vont intervenir .



3

M. de Tréville


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A Paris, il rencontre M. de Tréville, capitaine des mousquetaires du roi.
Cet ancien compagnon de guerre de son père explique au jeune Gascon qu'il faut avoir fait ses preuves avant de devenir mousquetaire.

- C'est à dire, Monsieur, répond d'Artagnan, que vous attendez que je m'en sois rendu digne . Eh bien, soyez tranquille, vous n'attendrez pas longtemps .


4

ATHOS

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En sortant du cabinet de M. de Tréville, dans l'escalier, d'Artagnan bouscule le noble Athos, qui a été blessé à l'épaule la veille.
Échange de mots piquants, brève querelle...
On se battra en duel .
Rendez-vous est pris.
 

5

PORTHOS

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 D'artagnan arrive à la porte de la rue, et, en la franchissant, s'empêtre dans le manteau de cette force de la nature qu'est Porthos .
Les excuses moqueuses du jeune homme ne satisfont pas le bon géant.
On se défie, on tombe d'accord pour croiser le fer .
Rendez-vous est pris.


6

ARAMIS

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 Dans la rue, d'Artagnan se prend de querelle avec un troisième mousquetaire, Aramis.
Les propos s'enveniment.
- Dégainez, s'il vous plaît, et à l'instant même, dit d'Artagnan.
- Non pas, s'il vous plaît, mon bel ami; non, pas ici du moins.
Rendez-vous est pris.

(Chaque mousquetaire est accompagné de son valet.)


7

Gardes contre mousquetaires

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D'Artagnan et les trois mousquetaires qu'il a provoqués se retrouvent sur le pré d'un couvent .
Mais les gardes de Richelieu interviennent . Ils sont chargés de faire respecter les édits interdisant les duels.
Les mousquetaires refusant d'obéir, les gardes vont les attaquer .

D'Artagnan choisit alors son camp, celui des mousquetaires, et avec eux inflige aux gardes une sévère défaite.
Ci-dessus, d'Artagnan a désarmé son adversaire . Mais il va lui rendre son épée et relancer le combat.


8

Le lendemain au jeu de paume
(jeu de balle)

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Bernajoux, une de meilleures lames du royaume, déclare en frisant sa moustache que le jeune d'Artagnan a peur de la balle .

Défi. Duel.
Et deux beaux coups d'épée dans le corps de Bernajoux, l'un des plus célèbres gardes du cardinal.


9

M. de Tréville reçoit les quatre amis

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Il est content de leurs succès .
Il félicite surtout d'Artagnan, qui est considéré comme le héros de ces deux dernières journées.

Puis il annonce aux quatre compagnons que le roi souhaite les rencontrer .

 

10

Sa Majesté le roi Louis Treizième

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Le roi fait semblant de les gronder parce qu'ils n'ont pas respecté l'édit interdisant les duels.

En vérité, il se réjouit des échecs des gardes de Richelieu .

Il est très content de ses hommes et le prouve . Il donne à chacun quarante pistoles et fait de d'Artagnan un apprenti mousquetaire .

11

Planchet

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Chaque mousquetaire a son valet .
Celui que recrute d'Artagnan se nomme Planchet .
D'Artagnan mène Planchet à la baguette .
Néanmoins Planchet aime bien son maître et lui est très dévoué.

12

M. de Rochefort

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On se souvient que d'Artagnan l'a croisé en venant à Paris.
Rochefort travaille pour le compte de Richelieu .
Aujourd'hui, ce "seigneur de haute mine" complote contre la reine, avec la complicité de Milady.

13

Milady

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Cette mystérieuse grande dame a préparé avec M. de Rochefort plusieurs enlèvements.
D'abord celui d'une servante de la reine : Mme Bonacieux .

Leur but est de faire tomber dans un piège un duc anglais très célèbre, et cher au cœur de la reine de France : le duc de Buckingham.

 

14

Ketty

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Ketty est la soubrette de Milady .
C'est elle qui porte à leurs destinataires les lettres de sa maîtresse.

Cette jolie jeune fille, pleine de fraîcheur, ne restera pas insensible au charme du bouillant d'Artagnan.

15

M.Bonacieux

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Le mari de Mme Bonacieux est un riche épicier-mercier .
Il loue à d'Artagnan un appartement situé juste au-dessus de chez lui.
Sa femme travaille à la cour .
Elle est au service de la reine de France, Anne d'Autriche, l'épouse du roi Louis XIII .

16

Mme. Bonacieux

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On se souvient qu'elle a été enlevée . Ici, elle échappe à ses ravisseurs.
Puis elle est reprise . Et finalement délivrée par
d'Artagnan, le locataire de son mari .

Cette dame, d'Artagnan et son valet Planchet se croient à l'abri dans la boutique du mercier. Mais un inconnu s'introduit dans la demeure...

17

Duel évité

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L'inconnu provoque d'Artagnan . Ils vont se battre lorsque Madame Bonacieux s'interpose car elle a reconnu l'intrus .

C'est le duc de Buckingham .

(Dans le roman, la scène a lieu à l'extérieur, avec le Pont-Neuf en arrière-plan.)

18

Buckingham

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Il demande à Mme Bonacieux de le conduire auprès de la reine.

Selon Alexandre Dumas, Anne d'Autriche, l'épouse du roi de France Louis XIII, aime en secret, sans même oser se l'avouer, le duc de Buckingham, premier ministre du roi d'Angleterre.

19

Anne

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Quand elle apprend que Buckingham est en France, attiré par une fausse lettre qu'elle lui aurait envoyée, Anne d'Autriche est bouleversée .
Elle l'est plus encore quand elle sait qu'il est dans le palais du Louvre .

20

La rencontre

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Au Louvre, la vie de Buckingham est en danger . Pour qu'il s'en aille vite, la reine accepte de le recevoir, et elle lui donne l'un de ses bijoux, composé de ferrets.
Le duc serre contre son cœur le coffret contenant les précieux diamants.
Elle lui tend une main qu'il baise avec transport .
Sa camériste la soutient et l'aide à contenir son émotion.

21

Richelieu

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Il est cardinal et premier ministre de Louis XIII .

Dans l'œuvre de Dumas, ce grand homme d'Église et d'État aime en secret la reine.
Le duc de Buckingham l'ayant emporté dans le cœur d'Anne d'Autriche, Richelieu use de tous ses pouvoirs pour nuire à l'un et à l'autre.

22

Habile manœuvre

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Ayant appris par ses espions que la reine a donné au duc anglais un bijou que le roi lui avait offert, Richelieu saisit cette occasion de la discréditer .

- Sire, insiste-t-il à plusieurs reprises, n'oubliez pas de dire à Sa Majesté la Reine que vous désirez voir comment lui vont ses ferrets de diamants.

(On notera sur cette image que Richelieu ne porte pas toujours les vêtements pourpres du cardinal.)

23 

La nuit tous les chats sont gris

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Ketty, la soubrette de Milady, aime d'Artagnan.
Elle est naïve . Elle ne sait rien lui refuser.
Aussi ne s'oppose-t-elle pas à ce qu'il s'introduise dans la chambre de sa maîtresse.

Entré dans cette pièce, qui est plongée dans l'obscurité, d'Artagnan se fait passer pour M. de Varbes, l'amant de Milady.

 

24

La fleur de lis

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D'Artagnan rejoint Milady dans son lit.
Mais Ketty, restée seule, regrette de l'avoir laissé passer. Et, cédant à un accès de jalousie, elle entre dans la chambre, une lumière à la main .

D'Artagnan reconnaît alors sur l'épaule de Milady "la fleur de lis", une marque faite au fer rouge par un bourreau .

Furieuse, Milady va chasser d'Artagnan . Elle ne songera plus désormais qu'à se venger de lui.

25

La bague

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Croyant que d'Artagnan était M. de Vardes, Milady lui a glissé une bague au doigt .
Or, cette bague, Athos la reconnaît .
C'est celle qu'il lui a donnée le jour de leur mariage.
Ainsi la mystérieuse Milady serait cette odieuse femme dont il s'était séparé quand il avait découvert qu'elle portait à l'épaule la marque des criminels.

26

Une mission de confiance

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D'Artagnan n'est pas au bout de ses surprises.

Il reçoit la visite de Mme Bonacieux qui lui demande, au nom de la reine, de porter une lettre à Buckingham, à Londres.

Séducteur impénitent, le jeune homme en profite pour faire un brin de cour à Mme Bonacieux .

Il lui dit qu'il l'aime et compte sur sa reconnaissance quand il reviendra .


27
Direction Londres

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Accompagné de ses trois amis et de leurs valets, d'Artagnan part pour Londres.
Mais la petite troupe va fondre rapidement .
Porthos, Aramis et Athos tombent dans des embuscades qui les empêchent de poursuivre le voyage.


28
Rien ne l'arrête

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Seul d'Artagnan, suivi de son fidèle Planchet, réussit à arriver à Calais, où il embarque pour l'Angleterre.

29
Un rendez-vous

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Revenons en France... Ce cavalier que Rochefort accueille à la porte de l'auberge du Colombier-Rouge, c'est le cardinal de Richelieu .

Le Cardinal a rendez-vous avec Milady, qu'il veut charger d'une terrible mission...

Il doit rencontrer l'inquiétante femme au premier étage de la maison.

30
Le tuyau de poêle

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Mais, toujours désireux de servir d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis surveillent les faits et gestes de Milady .
C'est pourquoi on les retrouve au rez-de-chaussée de l'auberge du Colombier-Rouge .

Là, par un tuyau de poêle qui traverse le plafond, ils entendent tout ce qui se dit à l'étage .

31
La mission

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Richelieu charge Milady d'aller à Londres pour persuader Buckingham de renoncer à faire la guerre à la France.
S'il refuse de l'entendre, elle devra le faire assassiner par un fanatique, un certain Felton.

Pour réussir sa mission, l'abominable intrigante demande au Cardinal un ordre écrit prouvant qu'elle agit en son nom.
Elle désire aussi qu'il l'aide à se venger de ses deux ennemis : Mme Bonacieux et d'Artagnan .

32

"Le démon sur la terre"

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Le démon sur la terre : ce sont les mots que le noble Athos emploie pour désigner Milady, son ex-épouse .

Après le départ du Cardinal, il monte à l'étage pour la retrouver .
Il lui adresse les pires menaces pour la dissuader de se venger de d'Artagnan.

Et il exige qu'elle lui remette l'ordre écrit de Richelieu lui donnant les pleins pouvoirs.

 

33

A La Rochelle

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La Rochelle est une place de sûreté qui a été accordée aux protestants . Mais comme ceux-ci pactisent avec les Anglais, le roi a décidé d'assiéger la ville.
Avant le départ, il passe en revue ses mousquetaires .

Ce siège de La Rochelle est "une des grandes entreprises militaires du Cardinal" .

34

Le cardinal botté

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Richelieu participe activement à la mise en œuvre du siège.

Les assiégés comptent sur l'aide des Anglais  Ils attendent l'intervention du duc de Buckingham .
Mais, on l'a vu, Milady a été envoyée en mission pour lui barrer la route .

L'image ci-dessus permet de comprendre pourquoi Richelieu a été surnommé parfois "le cardinal botté".


35


Felton

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Milady est en Angleterre .
Ici, Felton raconte à Milady que Buckingham lui a tout enlevé, fortune, avenir, honneur, en le chassant de la marine royale.

L'intrigante lui répond que le duc est aussi son ennemi.

Avec habileté, elle parvient à exacerber le désir de vengeance du jeune officier . Elle fait tout ce qu'il faut pour le pousser au crime .

 

36
Coup de poignard mortel

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Felton rencontre Buckingham et lui reproche d'avoir été trop sévère avec lui . Il l'accuse aussi d'entreprendre une guerre impie .
Le duc veut le chasser . Felton le poignarde .

Alerté, d'Artagnan, qui a déjà rencontré Buckingham, accourt...

37
Un mousquetaire au grand galop

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Buckingham mourant remet à d'Artagnan les précieux ferrets qu'il est venu chercher .
Il n'y a pas de temps à perdre !
Au retour, le jeune mousquetaire "crève autant de chevaux" qu'à l'aller .

Mais grâce à sa diligence, la reine peut porter les fameux diamants au bal que les échevins donnent au roi .
La confusion du Cardinal est grande .

38
A Béthune

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Voici la supérieure du couvent des Carmélites, à Béthune .
La reine a envoyé Mme Bonacieux dans ce couvent pour qu'elle s'y cache.
Mais dans ce même couvent, Milady s'est arrêtée, à son retour d'Angleterre, pour y attendre les ordres du Cardinal.

A force de mensonges, la méchante femme gagne la confiance de Mme Bonacieux.

 

39
La haine au cœur

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Milady reçoit Mme Bonacieux dans sa chambre .
Elle la laisse parler pour mieux la tromper ensuite.

Bientôt, elle va lui offrir son aide, alors qu'elle ne pense qu'à se venger de cette amie de d'Artagnan qui a fait échouer son projet d'enlèvement de Buckingham .

40
Rochefort à Béthune

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Ce cavalier qui sonne à la porte du couvent, c'et le comte de Rochefort.
Il vient voir Milady .
Le cardinal l'a envoyé vers elle pour qu'elle lui raconte ce qui s'est exactement passé en Angleterre .

Richelieu veut ausi savoir où il pourra la trouver s'il a de nouveau besoin d'elle.

41
L'approche des mousquetaires

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Avant d'arriver à Béthune, Rochefort a aperçu dans une auberge d'Artagnan et ses trois fidèles amis.
Les complices du cardinal pensent que les mousquetaires vont venir au couvent pour y chercher madame Bonacieux .
Mais Milady ne les laissera pas faire . Elle va s'enfuir avec la jeune femme, son ennemie, dont elle a gagné la confiance .


42
Milady veut s'enfuir

 

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On entend le galop de plusieurs chevaux dans la rue .
- Venez-donc, mais venez-donc ! dit Milady à Mme Bonacieux.
Mais celle-ci lui résiste .

Voyant qu'elle n'en viendra pas à bout, Milady verse le contenu du chaton de sa bague dans un verre d'eau et demande à Mme Bonacieux de le boire pour se donner des forces.

43
Mort de Mme Bonacieux

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Les mousquetaires font irruption dans la pièce .
Mme Bonacieux a le temps d'échanger quelques mots avec celui qu'elle aime, d'Artagnan, mais bientôt elle se sent mal, et meurt empoisonnée .
Les mousquetaires comprennent que Milady s'est rendue coupable d'un nouveau crime.
Ils vont la rechercher, la juger, et la punir .
 

44
L'homme masqué

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Les mousquetaires se lancent à la poursuite de Milady .
Mais Athos quitte un instant ses amis .
- Il nous manque un compagnon de route, et je vais le chercher, leur dit-il .

Quand il revient vers eux, il est accompagné d'un mystérieux cavalier, masqué, et enveloppé d'un grand manteau rouge .

45
L'arrestation de Milady

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Milady s'est réfugiée dans une cabane près de la rivière de Lys .
Avec l'aide de leurs valets, les mousquetaires l'ont bientôt dépistée .
Porthos se présente à la porte, le pistolet au poing .

Athos enfonce la fenêtre pour entrer .
- Abaissez votre pistolet, Porthos, dit-il; que cette femme soit jugée, et non assassinée.

46
L'homme masqué 

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Les mousquetaires vont juger Milady selon ses crimes .
L'home masqué atteste qu'elle était flétrie déjà lorsqu'elle avait épousé Athos ...
- Mais quel est cet homme ? s'écrie Milady .

Cet homme, c'est un bourreau .

47
Le bourreau

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Il se défait de son masque . Milady le reconnaît . C'est lui qui a imprimé une fleur de lys sur son épaule gauche.
Ce bourreau sait tout de ses premiers forfaits . Il est le frère d'un homme qui s'est tué pour elle...
Milady se sent perdue .

Athos demande :
- Chevalier d'Artagnan, quelle est la peine que vous réclamez contre cette femme ?

 

48
Ce sera là...

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- La peine de mort, dit d'Artagnan

Porthos et Aramis prononcent la même sentence . Alors Athos montre du doigt à Milady le lieu de son supplice .

Au moment où celui qui est apparu masqué, l'homme au grand manteau rouge, s'approche pour l'entraîner, la condamnée s'écrie :
- Assassins ! Assassins !
- Le bourreau peut tuer, sans être pour cela un assassin, madame, répond l'homme; c'est le dernier juge, voilà tout .

 

49

L'exécution

 

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Pour qu'elle meure en paix, ceux qui l'ont jugée lui pardonnent le mal qu'elle leur a fait.

Peu après, le bourreau lève lentement ses deux bras, un rayon de lune se reflète sur la lame de sa large épée, les deux bras retombent...

"Un cri coupé par le milieu, venu des coulisses, évoque au théâtre cette fin tragique .

 

* * * * * 

Place au théâtre !

Les récitants



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                                             Any          Bob           Lea

 

 

 

LE QUATRIEME MOUSQUETAIRE

Acte 1

ANY : Pour le premier tableau de l'acte un, nous
sommes a Paris.

BOB : A Paris, mais loin du centre de la ville, dans un
pré aride, au pied des murs sans fenêtres du convent
des Carmes déchaux.

Un accessoiriste installe une pancarte :

            Pré du convent
         des Carmes déchaux.

Les récitants s'écartent.

D'Artagnan entre en scène, salue et se campe fièrement près des récitants, côté jardin.
 

ANY : Ce jeune homme est Gascon. II se nomme
cl'Artagnan. II vient d'arriver a Paris, ou il a rencontré
M. de Tréville, Ie capitaine des mousquetaires du roi. II
souhaite devenir mousquetaire...


BOB
: Hélas!... sa carrière risque d'être de courte
durée, car il a imprudemment contrarié trois valeureux
mousquetaires que voici...

Ils entrent et prennent place côté cour  (à la droite des spectaturs).

LEA : M. Athos qui, bien que blessé, tirera I'épée
contre d'Artagnan à midl.
(Athos salue, en grimaçant et en portant
la main a l'épaule dont il souffre.)

ANY : M. Porthos, qui se battra a une heure. (Porthos
salue.)

BOB : M. Aramis, à deux heures... (Aramis salue.)

LEA : Porthos et Aramis arrivent en avance pour
servir de seconds à Athos .

 

Deuxième tableau, Scène II
ATHOS, PORTHOS, ARAMIS, D'ARTAGNAN

 

D'ARTAGNAN
Un moment, messieurs; à présent que vous êtes

réunis, permettez-moi de vous faire mes excuses...

TOUS, moqueurs,croyant qu'il a peur.
Oh!oh!

D'ARTAGNAN
Vous ne me comprenez pas... je m'excuse d'une seule
chose, c'est de ne pouvoir vous payer ma dette a tous
trois . En effet, M. Athos a le droit de me tuer lepremier; ce qui ote beaucoup de valeur à votre créance,
monsieur Porthos, et rend la votre a peu près nulle,
monsieur Aramis . Voila de quoi je m'excusais, rien que
de cela . Maintenant, messieurs, quand vous voudrez !...

ATHOS
A la bonne heure!

D'ARTAGNAN
J'y crèverai !... mais, les cent mousquetaires y
fussent-ils ensemble, je ne romprai pas d'une semelle.

(Ils dégainent.)

ATHOS
Vous avez pris la mauvaise place; vous avez Ie soleil
dans les yeux.

D'ARTAGNAN
Bah! je Ie connais... Je suis du Midi.

Ils engagent le fer.
Après quelques passes d'armes, les récitants reprennent la parole.


ANY : Attention, messieurs, attention! Un édit royal interdit les duels!

Les duellistes s'immobilisent.

LEA : Or, voici venir les gardes du cardinal de Richelieu, chargés de faire respecter la loi.

BOB : Les gardes et les mousquetaires ne s'aiment guère... Ils sont rivaux... (Les mousquetaires se regroupent côté Jardin, à la gauche des spectateurs. Les gardes entrent et prennent place côté cour.) On peut même dire que les gardes sont les ennemis traditionnels des mousquetaires.

ANY : Voici Jussac, le chef des gardes, (il salue), Biscarat (il salue), Cahusac (il salue), un autre garde... (il salue) .

LEA: Et M. de Winter (Il salue).


Scène III

Les mêmes, JUSSAC, BISCARAT, DE WINTER,
CAHUSAC, GARDES

 

JUSSAC
Oh! oh! mousquetaires! on se bat donc par ici? Et les
édits, qu'en faisons-nous ?...

ATHOS
Jussac !...

 PORTHOS
Les gens du cardinal !...

 ARAMIS
L'épée au fourreau!...

 JUSSAC
II est trop tard !

ATHOS
Eh! messieurs, de quoi vous mêlez-vous?... Si nous
vous voyions vous battre, vous tuer, je vous réponds
que nous ne vous en empêcherions pas...

JUSSAC
Encore des provocations!... Nous sommes en service,
messieurs, rengainez, mille diables! et suivez-nous!...
 

ARAMIS
Impossible d'obéir a votre gracieuse invitation... M.
de Tréville nous l'a défendu...

JUSSAC
C'est comme cela?...

ATHOS
Mais oui! c'est comme cela...

JUSSAC
Eh bien, si vous n'obéissez pas...

ATHOS
Quoi ?

JUSSAC
Vous allez voir! (A ses hommes.) Attention, vous autres! (A
M. de Winter.)
Monsieur de Winter, vous n'êtes pas à M. le
cardinal, vous... vous êtes Anglais. Si vous voulez vous
abstenir...

DE WINTER
Non, messieurs, je ne suis pas à M. le cardinal; mais
ma soeur, lady de Winter, est des amies de Son
Éminence... Je suis Anglais, c'est vrai, mais raison de
plus pour que je montre à des Francais qu'on se bat bien
en Angleterre comme en France, et, comme ma prome-
nade m'a conduit ici, ce que vous y ferez, je le ferai.

ATHOS, à ses amis.
Ils sont cinq, nous sommes trois, nous serons battus
et il nous faudra mourir ici. ça, je vous déclare que je
ne reparais pas vaincu devant le capitaine...

 

PORTHOS
Ni moi !..,

ARAMIS
Ni moi !...

D'ARTAGNAN, dans un coin
Voici Ie moment de prendre son parti; si je ne me
trompe, c'est là un de ces événements qui décident de
la vie d'un homme... II s'agit de choisir entre le roi et le
cardinal... C'est un triste ami que le roi, c'est un rude
ennemi que le cardinal... Ah! bah! j'ai Ie coeur mousque-
taire... tant pis !... Pardon, messieurs...

ATHOS
Quoi ?...

D'ARTAGNAN
Vous venez de vous tromper, tout à l'heure, en disant
que vous n'étiez que trois...

ARAMIS
Mais non...

PORTHOS
Nous sommes trois...

JUSSAC
Diantre! est-ce qu'ils prennent du renfort? Allons,
vous autres ! L'épée à la main sur une ligne... Vous, beau
Gascon, déguerpissez !... Nous vous donnons la clef des
champs... Sauvez votre peau !

BISCARAT
Vous ferez sagement, car il va pleuvoir des coups
d'épée..

D'ARTAGNAN
Eh bien, il en pleuvra pour tout le monde : je reste...
 

ATHOS
Vous vous mettez avec nous contre eux ?... vous,
notre ennemi ? C'est beau ?... mais...

D'ARTAGNAN
Oui... je vois, vous vous demandez si je vaux mon
homme. Essayez, essayez toujours; j'en ferai bien assez
pour me faire tuer proprement.


ATHOS
Allons, vous êtes un joli garcon... Comment vous
appelle-t-on ?
 

D'ARTAGNAN
D'Artagnan .

ATHOS
Eh bien, Athos, Porthos, Aramis et d'Artagnan, en
avant !


JUSSAC
Ah! c'est cela que vous décidez? Eh bien, nous autres,
en avant, en avant !
 

TOUS
En avant!

 

(Combat général)

 

D'ARTAGNAN, après avoir engagé le fer
avec Jussac, à de Winter,

Si vous voulez, il y a place pour tout Ie monde.

DE WINTER
Non... Je remplacerai le premier qui sera blessé.

PORTHOS, à Cahusac
Est-ce que je n'entends pas sonner midi et demi,
monsieur de Cahusac ?

CAHUSAC
Fanfaron!


PORTHOS
Vous avez la une jolie lame, mon cher!

ARAMIS, à Biscarat.
Biscarat, je vous devais celle-la. (Il le tue.) A un autre.

JUSSAC
C'est un jeu de province que vous avez là.

D'ARTAGNAN
Un jeu de Gascon, oui, monsieur. (ll le blesse.)

ATHOS, à Aramis
II va bien, le d'Artagnan !

ARAMIS
Et vous, Athos ?

ATHOS
Moi... moi... je souffre ! mais je m'échauffe.

D'ARTAGNAN
Attendez-moi un peu.

JUSSAC
II est charmant, lui...

D'ARTAGNAN
N'est-ce pas ?... Allez! (Il renverse Jussac.) C'est une botte
de M. d'Artagnan père... Monsieur de Winter, je suis a
vos ordres.

ATHOS
Laissez-moi celui-la, c'est celui qui m'a blessé hier!

(II désarme un des Gardes.)

PORTHOS, touchant son homme .
Trois à quatre .

 

ATHOS, au Garde qu'il vient de désarmer.
Rendez-vous!

D'ARTAGNAN, à de Winter
Je vous tue

DE WINTER.
Tuez!

D'ARTAGNAN.
Ma foi, non... Vous me faites I'effet d'un brave
Anglais, vous vivrez.

DE WINTER
Merci ! Votre nom, monsieur? votre adresse?

D'ARTAGNAN
Si c'est pour recommencer, je suis là, recommencons
tout de suite.

DE WINTER
Non, monsieur, c'est pour vous remercier - c'est pour
présenter à ma soeur un galant homme à qui je dois la
vie ; ainsi, votre nom, votre adresse ?

D'ARTAGNAN.
M. le chevalier d'Artagnan, rue des Fossoyeurs,

DE WINTER
Monsieur, recevez tous mes compliments. Au revoir.

PORTHOS , à Athos .
Ah! ah! voila une revanche!

D'ARTAGNAN, voyant que les Mousquetaires partent sans lui.
Et moi?

ATHOS
Vous ?... toi? Embrasse-moi, et ne me fais pas mal a
l'épaule.

(Aramis et Porthos embrassent d'Artagnan.)

D'ARTAGNAN
Nous sommes donc amis ?

ATHOS
A la vie ! à la mort !

TOUS
A la vie! à la mort!

ATHOS
Seulement, te voila brouillé avec M. Ie cardinal.

D'ARTAGNAN
Ah? bah! si je suis recu apprenti mousquetaire, M. Ie
cardinal n'est pas mon oncle.

* * *


LEA: Le lendemain, au jeu de paume, Bernajoux, un
garde du cardinal, cherche querelle à d'Artagnan en
disant qu'il a eu peur d'une balle .
ANY : Il n'en faut pas davantage pour que le jeune
Gascon le provoque en duel.
BOB : Un duel dont il sortira vainqueur .
ANY : A la suite de ces événements, Athos, Porthos,
Aramis et d'Artagnan sont recus par M. de Tréville.
BOB : Le capitaine des mousquetaires les félicite et
leur annonce que le roi souhaite les rencontrer.
LEA : Le roi Louis Xlll les recoit au Louvre . Il fait
semblant de les gronder...
ANY : ... parce qu'ils n'ont pas respecté l'édit qui
interdit les duels...
BOB : ... mais au fond, il est content d'eux, et comme
il les aime bien ...
LEA : ... il leur donne quarante pistoles et fait de
d'Artagnan un apprenti mousquetaire.
ANY, BOB, LEA, ensemble :
Et c'est ainsi que les trois mousquetaires
devinrent quatre .

 

* * * * *

Fin de la pièce en un acte intitulée :

LE QUATRIEME MOUSQUETAIRE

Mais cet acte est aussi le premier acte de la pièce

LES DIAMANTS DE LA REINE

(à suivre)


 

 

 

 

 



 



 




 

 


 






 


 






 

 




 


 


 

 


 



 

 

 



 





 

 

19.04.2008

Le don d'Alix ch.14-15-16

Le don d'Alix  Chapitres 14 - 15 - 16


14 - Le repaire des sorcières

Une surprise

C’est l’heure du dîner. La famille est à table. Gaspard étant guéri, Jean propose l’ascension du pic d’Anie. On confiera Thomas à la marchande de bonbons, au pied du mont.
- D’accord! fait Thomas.
- Jamais de la vie! s’exclame Rosalie. Tu as vu la hauteur! Au moins 3000 mètres!...
- Non... réplique le père. Je me suis renseigné au village... 2504 mètres exactement. Quatre heures de marche... Et j’ai tout prévu. J’en ai parlé à Sylvain, le berger...
- Il est gentil Sylvain, dit Thomas. Il m’a fait monter sur son bouc, un jour que...
- Sur son bouc! s’exclament en choeur Alix et Gaspard.
- C’est vrai qu’il est gentil, poursuit Jean, c’est pourquoi je l’ai engagé.
- Engagé! s’exclame Gaspard.
- Pour quoi faire ? demande Alix.
- Pour nous conduire, dit Jean. Sylvain faisait partie des Guides de la vallée d’Aspe quand il était plus jeune.

L’escalade

Le cirque de Lescun est un site superbe, peut-être le plus beau des Pyrénées. Nos héros ne s’en lassent pas...  Ils grimpent depuis deux bonnes heures, lorsque le berger rejoint Gaspard et Alix, qui ont quelques pas d’avance. A voix très basse, il leur dit :
- Voyez ce bout de sentier, sur notre droite... Nous ne le prendrons pas, pour deux raisons : la première, parce qu’il ne conduit pas au sommet...
Sylvain se tait, pour mieux piquer la curiosité des enfants.
- Et la seconde? fait Gaspard.
- Ce bout de sentier... (le bonhomme prend tout son temps) ce bout de sentier mène à la grotte de qui vous savez.
Pétrifiés, Alix et Gaspard font semblant de renouer les lacets de leurs baskets... Ils se laissent doubler par leurs parents, que le guide suit.
Que faire? Oseront-ils jeter un oeil?...
Gaspard s’aventure le premier sur l’étroite saillie, découpée au sommet d’un dangereux escarpement. Cette espèce de passage contourne le mont. Alix essaie de retenir son frère sans grande conviction. Elle aussi la curiosité la dévore... Ce rebord qu’ils empruntent, et qui ne mérite pas le nom de sentier, tourne brusquement. Bientôt, ils ne sont plus sur le même flanc de montagne. Ils ont quitté le soleil. Ils entrent dans l’ombre. Nouvelle bifurcation, toujours vers la gauche... Et soudain... Non!... Mais si!... La grotte est là-bas, fermant le chemin. Ils font prudemment quelques pas.

L’apparition de Vanessa-la-Verte,  dans l’encadrement de l’entrée, lumineuse sur fond noir, arrête leur marche. La sorcière sourit niaisement, comme intimidée, tenant à bout de bras, devant ses genoux serrés, sa baguette magique. Elle ne ferait pas peur, n’était son regard assassin.
Sans piper mot, les enfants font demi-tour.
Ophélie-la-Jaune leur barre le passage, dansant d’un pied sur l’autre, la taille ondulante. Elle a de beaux cheveux, un teint de pêche, des lèvres purpurines, mais un rictus carnassier déforme son visage.

L’attentat

Un silence sinistre est tombé sur la montagne. Silence que rompt un bruit de pierres entrechoquées... Alix et Gaspard lèvent la tête... A mi-hauteur de l’écrasante paroi qui borde le passage, Sophie-la-Bleue se dresse, monstrueuse, sur une saillie du rocher.
- Oh, là!... que fait-elle? s’écrie le garçon.
Sophie brandit un bloc de roche... Elle vise Alix, lance son épouvantable projectile. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la jeune fille recule, dérape sur de menus cailloux et tombe dans le vide. Cette chute lui a sauvé la vie, car l’énorme pierre heurte le sentier à l’endroit qu’elle occupait, puis elle rebondit et  passe par-dessus sa tête.
Mais ce n’est pour elle qu’un sursis. Ses mains ont réussi à s’accrocher au bord du rebord qui tient lieu de passage. A quoi bon! Elle est dans la situation de quelqu’un qui pendrait à l’extérieur du plus haut balcon d’une tour de quinze étage. Loin au dessous d’elle, elle voit un lit de roc, hérissé de pointes et d’arêtes, sur lequel son corps va se briser.

Acte d’héroïsme

Gaspard se jette à plat ventre, rampe vers elle, parvient à toucher le bout de ses doigts.
-Tiens bon Alix!... Aïe!... Aïe!...
Les dernières exclamations lui sont arrachées par la douleur qu’il éprouve chaque fois que la sorcière Sophie parvient à l’atteindre avec l’un de ses projectiles. Par bonheur, elle n’a plus de gros rocher...
Gaspard avance encore un peu. Il voit le visage d’Alix. Il parvient à l’attraper aux poignets. Hélas! jamais il ne parviendra à la soulever.
- Tu glisses Balthazar, sourit faiblement la jeune fille, lâche-moi, sinon je vais t’entraîner...
- Jamais! je t’aime trop ma soeur, jamais, jamais!...
- Je t’ordonne de me lâcher, Gaspard, parce que je t’aime aussi, et je veux que tu vives, je le veux!
La pluie de pierres a cessé. Elle a été remplacée par des coups de pieds, que Vanessa et Ophélie envoient dans les côtes du sauveteur désespéré.
Alix n’a pas un regard pour ces horribles mégères. Ses yeux ne quittent pas ceux de son presque frère. Oh! merveille,  au moment où la mort va les séparer, ils s’aperçoivent qu’ils sont capables de communiquer sans prononcer un mot.

ALIX
Lâche mes poignets, mon Balthazar chéri, pense à ton père, pense à maman, qui est presque ta mère, et qui t’aime aussi...
GASPARD
Je veux mourir avec toi mon Alix...
ALIX
Pense à Thomas, tu ne veux quand même pas que petit Thomas perde le même jour et sa soeur et son frère...

Les coups de pieds redoublent, Gaspard glisse encore, ses coudes atteignent la limite du rebord qui le porte, ses bras plient, mais il ne lâche pas prise... La mort seule desserrera l’étau de ses mains.

La dernière chance

Les coups de pieds cessent. C’est étonnant... Le garçon tourne la tête, aperçoit au bout du chemin Sylvain, qui crie et agite son bâton... Cette fois-ci tout est fini. Le complice des sorcières, le serviteur du démon  va  pouvoir donner libre cours à ses mauvais instincts... Il court comme un beau diable le vieux berger! Il se jette sur Gaspard!... Mais ce n’est pas pour le pousser, bien au contraire... C’est pour que son poids arrête la lente, l’inexorable glissade. Quand le groupe est stabilisé, avec d’infinies précautions et toute l’expérience d’un montagnard éprouvé, il rampe jusqu’à ce qu’il puisse attraper un bras de l’élève de mamie Goudile, que la savante société des Magiciennes a bien failli perdre à jamais.
L’orgueil du jeune Lecouvreur, surnommé Balthazar, dût-il en souffrir, il faut reconnaître que la prise du vieil homme est autrement efficace que celle du presque adolescent.
Et hop! Alix se retrouve sur l’étroit sentier.
Quant à l’affreux trio tricolore, il a disparu.
- C’est vous qui avez fait fuir les sorcières? demande  le garçon à Sylvain.
- Oh ! que non pas... Regardez plutôt...
Jean et Rosalie sont là. Ils avancent prudemment vers eux.
- Ces dames  du pic d’Anie n’aiment pas être vues par le commun des mortels, explique à voix basse le berger.

15 - Thomas disparaît


Où peut-elle être?

Ce matin-là, Alix est introuvable. Elle a dû se rendre en douce chez mamie Goudile. Gaspard et Thomas font la tête, ils tournent en rond, puis décident de la rejoindre.
Les garçons frappent à la porte de la magicienne. Pas de réponse. Gaspard essaie d’ouvrir; il y parvient sans aucune difficulté.
Il font un pas à l’intérieur, un seul, pas davantage... Car le chat noir à tête blanche a bondi hors de l’ombre où il se cachait. Il occupe le milieu de la pièce, affreux, dos bombé, poil hérissé, crocs nus. Sa gorge émet un grondement épouvantable, émaillé de miaulements déchirants...
- On s’en va, dit Thomas.
- Non, je veux Alix, dit Gaspard.
- Tu vois bien qu’elle n’est pas là!
- Je veux parler aux oiseaux... s’entête Gaspard.
Mais il n’a pas le don d’Alix. Il ne comprend rien à ce que disent les yeux des rapaces... Ah! les sales bêtes!
- Gaspard, tu viens, insiste Thomas
L’aîné cède enfin. Ensemble, les deux frères battent en retraite, bougons.

Leçon de vol

Mamie Goudile et son élève se sont installées sur le pic le plus élevé des aiguilles d’Ansabère.
La magicienne a déployé devant elle toute une gamme de fourches, de tailles différentes, et plus ou moins riches de pierres incrustées.
- Nos exercices te l’ont montré, il existe des instruments pour tous les vols, explique mamie Goudile.
- Les vraies bonnes fourches, qu’est-ce qu’elles ont de différent? demande Alix.
- Cela dépend... Une pierre d’étoile en plus, ou de soleil, ou de foudre, ou de croix.... Après cette matinée que nous venons de consacrer à quelques circuits  au-dessus  des  Pyrénées, je t’offre un aller-retour pour l’Australie. Tu as le temps, avant d’aller déjeuner..
La jeune fille aurait sans doute accepté, mais elle s’abstient de toute réponse, car Goudile tend l’oreille. Un curieux cancan trouble le silence des cimes. Trois points noirs percent un nuage, plongent dans un autre...
- Des canards migrateurs?... Des oies sauvages?... demande Alix.
- Transformons-nous en lynx, chuchote Goudile.
Aussitôt fait que dit.
Les yeux  des fauves percent à jour le mystère.
Drôles d’oiseaux!... De fait, les cous tendus sont des manches à balais, et la masse des corps... Goudile demande :
- Dis-moi ce que tu vois, Alix?
- Je reconnais les sorcières... Et les démons en croupe... Je les reconnais aussi... Je les ai vus au Sabbat... Azazel!... son bec crochu et ses cornes, Astaroth!... ses ailes de vampire, Mammon!... sa queue de lion. Mais que portent-ils? Ces gros paquets?... On dirait des cigares...
- Ce sont des bâtons de dynamite, ma chérie. Ce n’est pas la première fois qu’ils en volent aux ouvriers du tunnel routier...
- Mamie!... Mamie!... Mais qu’est-ce qu’ils font? Ils perdent de l’altitude... Ils descendent de plus en plus... Les voilà en rase-mottes au-dessus du pâturage... Ils se dirigent vers la maison du berger... Que se passe-t-il, mamie?
- Ces monstres ne pardonnent pas à Sylvain d’avoir rallié notre camp, gronde Goudile. Nous allons devoir intervenir.

A table!

Rosalie bat le rappel.
Jean abandonne aussitôt sa ligne, qu’il est en train de réparer. Gaspard traîne les pieds...
- Et Thomas? s’étonne Rosalie. Où est Thomas?
- Il était avec toi, fait Jean calmement, à l’adresse de son fils.
- Oui, dit Gaspard. Je suis allé avec lui dans la forêt... On est revenu ensemble...  Et  puis, pfftt!...
il a disparu... Je me suis retourné... il n’était plus là. Vous le connaissez... J’ai cru qu’il  me jouait un tour... Qu’il se cachait...J’ai traversé la forêt... J’ai poussé jusque chez la mère Goudile... Personne...
- Chez cette dame, tu n’as pas retrouvé Alix...  demande Jean.
- Non, la maison était vide...
- Mon Dieu! s’exclame Rosalie. Où est-elle?...
- Pas de panique, fait Jean, Thomas a dû rencontrer sa soeur... Ils nous diront où ils sont allés, et pour punition de leur retard, ils seront de corvée de vaisselle...
En ce moment, des cris joyeux retentissent au haut du champ, à la lisière de la forêt.
- Oh-ooh!... Attendez-moi! J’ai grand faim! Ne mangez pas tout, je vous en supplie!....
C’est Alix, cheveux au vent, dansant d’un pied sur l’autre, avec au bord des lèvres une demi-vérité bien mitonnée pour justifier son retard.
- Où est ton petit frère? lui lance sa mère.
- Thomas? Où est Thomas?... Mais c’est moi qui vous le demande! répond l’arrivante, éberluée.

L’après-midi, des recherches de grande envergure sont organisées. Tout le village d’Accous aide la famille à battre la forêt. Sylvain et ses chiens parcourent les pâturages, courant de cailloutis en barres rocheuses. Les gendarmes interviennent. Ils réquisitionnent bon nombre de montagnards.  On ratisse les bords  du  gave, les bois, les champs, les pacages, d’Accous jusqu’à Lescun...
Thomas reste introuvable.

16 - Quelle horreur!


Compte rendu  du Grand Duc

Grand émoi dans la maison de Goudile où le Grand Duc vient de rentrer. Les autres oiseaux s’agitent sur les perchoirs; le chat, comme électrisé, hérisse ses poils; Alix et Gaspard ont le coeur qui bat la chamade; la magicienne elle-même a quelque peine à contenir son impatience.

GRAND DUC, à Goudile.
J’ai pénétré dans la maison du berger par la lucarne du grenier à foin. Vous m’avez demandé, madame, de rechercher des paquets de bâtons ressemblant à de gros cigares. Je les ai trouvés. Ils sont sous le lit, ...
GOUDILE
Il y en a beaucoup?
GRAND DUC, l’air savant.
En quantité considérable... Il s’agit d’explosifs. Il y a  de quoi faire sauter toute la vallée. Ils vont la transformer en cratère de volcan!...
GOUDILE
N’exagérons rien, mon ami...
GRAND DUC, agitant avec colère les plumes de ses oreilles.
Je sais ce que je dis, madame, j’ai vu les ouvriers du tunnel travailler. A mon avis, Sylvain va exploser en premier, mais il ne partira pas seul...
GOUDILE
Où est Sylvain? Qui est avec lui?...
GRAND DUC
Vous ne me laissez pas raconter dans l’ordre!... Trois démons sont arrivés, poussant devant eux le berger... Ils l’ont enchaîné sur le lit...
GOUDILE
Et puis...?

Grand Duc hésite... Il regarde Alix droit dans les yeux. Il sait qu’elle le comprend. Il voit qu’elle traduit à voix basse pour Gaspard tout ce qu’il vient de raconter.

GRAND DUC
Je suis le Grand Duc, messager fidèle... Je sais que l’enfant Thomas a disparu... Eh bien, je dois à la vérité de dire que les démons lui réservent une place sur le lit...
GASPARD, quittant sa chaise d’un bond.
J’y vais.
ALIX
Je t’accompagne...
GOUDILE
Voyons, mes enfants!... Vos parents vous ont confiés à moi...
ALIX et GASPARD
Vous croyez que nous laisserons petit Thomas partir en fumée!...
GOUDILE
Écoutez-moi, voici ce que nous allons faire...

Peu après, deux grands hiboux, au vol silencieux, décrivent dans les airs de larges cercles, au-dessus du cirque de Lescun, du pic d’Anie à la maison de Sylvain : l’un, c’est notre  ami  le Grand Duc; l’autre, qui  lui  ressemble  en tous points, même jolie couleur, même taille  prestigieuse, c’est Goudile.

Les lieux du crime

Gaspard et Alix ont été transformés, eux, en petites chouettes, et chargés d’observer ce qui se passe dans la maison du berger. Ils ont  gagné leur poste  en empruntant la lucarne du grenier à foin. Posés au bord du plancher, ils découvrent l’unique pièce de cette maison.
Le malheureux Sylvain est sur son lit, nu, solidement attaché, jambes écartées, bras en croix. Astaroth, Azazel et Mammon lui promettent mille tortures s’il ne veut pas les écouter.
- Je ne trahirai pas mademoiselle Alix, gémit le berger. Je ne suis pas un traître...
- Mais si, mais si... tu es un traître, se moquent les démons, puisque tu étais autrefois notre ami...
Cette intéressante conversation cesse lorsque la porte s’ouvre : Vanessa, Ophélie et Sophie entrent, traînant après elles petit Thomas terrorisé.
Les démons s’emparent de l’enfant, le jette sur le lit, l’attachent à côté du berger.
-  Rendez-vous à demain, pour le feu d’artifice, plaisantent d’une même voix les trois sorcières, avant de se retirer.
- Maintenant, écoute bien, Sylvain... dit Azazel.
- Demain, au lever du jour, enchaîne Mammon, tu vas aller voir celle que tu appelles mademoiselle Alix, tu lui diras que son frère est ici, et tu nous la ramèneras...
- Discrètement... ricane Astaroth.
- Maman!... Papa!....  Au secours!... crie Thomas.
- On l’enchaînera sur le lit à ta place, reprend Mammon,  comprends-tu, vieux bougre ?
- Et toi, pour prix de ta peine, tu auras le droit de filer avant le grand boum! s’écrie joyeusement Azazel.
- Je ne veux pas trahir... pleure le vieux Sylvain. Et puis, et puis.... je n’ai pas confiance en vous.
- Mais c’est que tu n’as pas le choix, ricane Astaroth. Regarde, avant de t’arracher les yeux, pour les gober, je vais en prendre un au petit, pour que tu saches bien ce qui t’attend...
Le monstre se change en squelette. Les os d’une main menaçante descendent vers le visage de l’enfant...
- Au secours! hurle Thomas. Gaspard, Alix, au secours!...
Deux chouettes s’abattent sur l’ignoble ossature et la démantibulent pour en faire un tas d’ossements. Les rapaces vengeurs se jettent ensuite sur les têtes aux oreilles velues...
Becs et serres s’en donnent à coeur joie!
Bien fait pour vous, sauvages, barbares, scélérats!
Et pfft! la tourmente de plumes s’envole par la fenêtre.
Hélas!... les prisonniers ne sont pas libérés.