19.04.2008
Le don d'Alix ch. 17-18 Épilogue
Le don d'Alix Chapitres 17 - 18 - Épilogue
17 - Veillée d’armes
Concertation en plein ciel
Deux grands hiboux amorcent un large vol plané pour rejoindre les bêtes furibondes qui ont jailli hors de la maison du berger.
Pauvres chouettes!... Elles prennent de la hauteur en poussant des chuintements si plaintifs qu’elles arrachent des larmes au Grand Duc, réputé pourtant pour son impassibilité.
- Calmez-vous, calmez-vous!... dit au pleureuses le Hibou-Goudile
- Comment pourrions-nous, mamie! s’écrie la Chouette-Alix. Ces brutes infernales sont en train d’arracher les yeux de notre petit frère...
_ J’y retourne! fait la Chouette-Gaspard, baissant la tête pour descendre en piqué.
Sur un clin d’oeil de Goudile-le-Hibou,le Grand Duc en personne s’interpose et parvient à retenir l’imprudent.
- Faisons le point d’abord, et réfléchissons avant d’agir, conseille le Hibou-Goudile, en prenant de la hauteur, afin de pouvoir observer en même temps la grotte des sorcières et la maison du berger.
- Oh! regardez!... s’indigne la petite Chouette-Alix, ces horribles furies osent danser au clair de lune.!
Trois silhouettes lumineuses, une verte, une jaune, une bleue, se trémoussent sans crainte du vertige, sur l’étroite plate-forme de la corniche.
- Elles sont contentes d’elles, ayant livré Thomas à leurs maîtres les démons, explique le Hibou-Goudile.
- Comment l’ont-elles capturé? demande la Chouette-Gaspard.
- Elles l’ont enlevées derrière ton dos, Gaspard, alors que tu venais d’entrer dans le bois...
- Nous le savons pour les avoir surveillées mais aussi écoutées, dit le Grand Duc
- Ce qu’elles veulent, ces mégères, reprend Goudile, c’est te prendre toi, Alix...
- Nous sommes au courant!... dit Gaspard.
Soudain, les silhouettes lumineuses de la corniche disparaissent, aussi rapidement que s’éteignent les effets de lumière d’un feu d’artifice.
- Il ne se passera plus rien ce soir, décrète le maître Hibou-Goudile. Rentrons chez moi, pour y préparer la contre-attaque.
L’audition de Sylvain
L’aube se devine à peine derrière les volets de la maison de Goudile. On toque à la porte.
- Entrez!... dit Goudile.
- C’est moi... fait Sylvain.
Alix et Gaspard, quittant d’un bond leur siège, s’écrient :
- Comment va petit Thomas?
- Coco... ment comment? Vous savez dédé... jà...
Alix, les mains bien à plat face au visage du bonhomme, ordonne :
- Cessez de bégayer, monsieur Sylvain, je le veux!
- Lalala... là, c’est pas le... le bébé... bégaiement, bredouille le berger, mamama... demoiselle, c’est lélélé... l’émotion!
- Nous t’écoutons, Sylvain, reprend Goudile.
- Je sais où est Thomas, articule Sylvain.
La magicienne, tendant vers lui un doigt menaçant, lui lance d’une voix sévère :
- Et tu nous fais languir!... Alors que tout le monde le cherche!...
- Il est chez moi, dit Sylvain.
- Pourquoi ne l’as-tu pas amené? dit Goudile.
- Il réclame sa soeur Alix! Il ne sortira de chez moi qu’avec elle, c’est ce qu’il dit...
- Dans ce cas, je vous suis, Sylvain, s’écrie la jeune fille, allons-y!
Sylvain ne bouge pas.
- Qu’est-ce que vous attendez?
- Ce n’est pas aussi simple... grogne l’homme. Je ne veux pas que tu ailles la-bas, Alix...
- Eh bien, moi, j’y vais, lance Gaspard.
- Non, toi non plus... fait Sylvain
- Pourquoi non? s’exclame le garçon.
- Parce que... parce que.... Parce que j’ai été un Guide de la vallée d’Aspe, avec courage, et honneur, et que je suis un honnête berger...
Sa voix s’étrangle, des larmes mouillent ses paupières. Il poursuit :
- Un berger intègre, et fier de son troupeau, de ses chiens, de sa canne et de son béret...
- Vous ne croyez pas qu’on s’éloigne du sujet,monsieur Sylvain, s’emporte Alix, alors que le temps presse... - Et parce que je ne suis pas un traître... poursuit Sylvain, buté.
La magicienne sourit et dit :
- C’est bien, Sylvain, de reconnaître que l’enfant est retenu chez toi, par Azazel, Astaroth...
Sylvain multiplie les signes de croix à l’envers.
- Il ne faut pas prononcer leur nom, mère Goudile, geint-il, surtout pas!... Si je retourne chez moi sans Alix - c’est elle qu’ils veulent - il vont me torturer à mort, ou pire!... Ils vont me tourmenter tellement que je les implorerai de bien vouloir me faire mourir...
- Notre intention n’est pas de te renvoyer chez toi, mais de te charger d’une mission, déclare la magicienne. Tu vas aller dans la montagne, tu te rendras à la grotte infernale que tu connais et tu demanderas à Ophélie, à Sophie et à Vanessa de te suivre jusqu’à ta maison...
- Jamais de la vie! proteste le berger. Réunir les sorcières et les démons, en plein jour, sans même la protection des règles du sabbat, mais c’est vouloir déchaîner des cataclysmes diaboliques, des violences inouïes...
- Nous avons notre plan, réplique Goudile, d’un ton péremptoire. Et le pouvoir qu’il faut. Tu dois nous faire confiance, berger!...
- Allez!... je vous en prie, l’implore Alix, avec son sourire le plus ensorcelant.
Gaspard ajoute :
- Pour l’honneur de votre capote, de votre parapluie et de vos gros sabots.
Ce garçon, qui sent monter en lui la sève de l’adolescence, ne perd jamais l’occasion de faire un bon mot
18 - Le grand “boum”
Bergers de pastorale
-
Holà-oh! Hooooo!... Maison!....
Les mains en porte-voix, Alix manifeste sa présence à une trentaine de pas du seuil de la demeure de Sylvain. La porte s’ouvre. Quel déguisement Astaroth, Mammon et Azazel vont-ils avoir choisi pour éviter qu’elle s’enfuie?
La jeune fille sait que les monstrueux démons n’apparaîtront pas dans leur affreuse nudité. Ce qu’elle voit l’étonne cependant... Ce sont trois bergers d’opérette. Leurs capuchons sont brodés et ornés de fleurs des champs. Leurs bâtons sont d’ivoire et finement sculptés. L’un d’eux tient une viole d’amour, dont il joue un air suave, avant de déclarer :
- Nous sommes des amis de Sylvain, le berger.
En ce moment, le Grand Duc se perche sur le toit de la maison. Pour éviter que les faux bergers le découvrent en se retournant, Alix s’incline dans une profonde révérence.
Une main sur le coeur, ses vis-à-vis se courbent à leur tour, souhaitant la faire entrer sans l’effaroucher dans le repaire du berger.
- J’aime vos beaux yeux... susurre Azazel.
Un air de viole prolonge le compliment.
Pendant que Mammon cherche à son tour un propos galant, le Grand Duc, toujours aux aguets, fait signe à une nuée de rapaces nocturnes, au vol silencieux, que la voie est libre. La troupe au complet s’engouffre dans la lucarne du grenier, avec beaucoup d’ordre.
Alix estime qu’elle a bien joué sa partie. Goudile lui a demandé de retenir les démons hors de la maison aussi longtemps que possible. Contrat rempli... Non, pas encore...
Un aigle royal pique vers la maison. Puis un second. Puis un troisième. Spectacle curieux, car à la différence des corbeaux, les princes des nuées ne volent jamais groupés. Mais que ne feraient-ils pas pour leur amie Goudile? Ils atterrissent presque ensemble dans le foin.
- Votre sourire, Princesse... dit Astaroth.
Aussi longtemps qu’elle peut, Alix soutient et relance la fade comédie.
Enfin, n’y tenant plus, elle s‘écrie :
- Affreux démons que vous êtes!... Je suis venue chercher Thomas, mon petit frère!
Un éclair luit dans les yeux des monstres. Ils sont sur le point de se jeter sur elle pour l’entraîner de force. Mais cette brutalité compromettrait le projet de torture raffinée qu’ils lui réservent.
- Petit Thomas est là, dit Azazel, en désignant de son pouce la maison située derrière lui.
- Quel charmant enfant ! fait Mammon.
- Il se repose, ajoute Astaroth, de sa voix la plus sucrée.
Par la lucarne du grenier
La gent ailée, qui a envahi en silence la maison du berger, ne perd pas son temps.
Pour commencer, le Hibou-Goudile reprend forme humaine, afin de travailler plus aisément. Et la Chouette-Gaspard redevient Gaspard.
Ces transformations émerveillent tellement Thomas qu’il en oublie de crier.
Pendant que les frères se retrouvent et s’embrassent, la magicienne étale sur la table les fourches magiques dont elle aura besoin.
- Je vais t’arracher aux monstres qui t’ont ficelé sur ce lit, dit-elle à Thomas.
D’une main douce, elle caresse les cheveux du jeune prisonnier, de son autre main elle oriente comme il convient la fourche adéquate.
- Abracadabra vespucci sorex primus.
Une souris rouge remplace Thomas.
La répétition de la recette transforme Gaspard en une autre souris de la même couleur.
- Grand Duc, dit Goudile à l’oiseau qui l’a rejointe, Grand Duc, je te confie ces bestioles, que j’ai faites rouges pour ne pas qu’elles réveillent tes instincts de chasseur. N’oublie pas qu’il s’agit des frères de notre chère Alix. File par la lucarne, emporte-les chez nous... ainsi, quoi qu’il arrive, eux au moins seront à l’abri.
D’une patte délicate, Grand Duc se saisit de sa double charge et prend son envol.
Perchés au bord du grenier, les trois aigles royaux, superbes, et néanmoins jaloux, échangent des regards qui signifient : “On se demande un peu pourquoi on nous a fait venir”.
- Et maintenant, à vous messieurs, leur lance la magicienne, votre tâche ne sera pas facile.
Avec une force, que nul ne soupçonnerait chez cette vieille femme, elle soulève le lit, qui cache les bâtons de dynamite. Une masse énorme de dynamite!...
- 0h!... s’exclament, terrifiés, les oiseaux.
- A l’ouvrage!...
Cette injonction, la magicienne se l’adresse d’abord à elle-même. Parmi ses fourches, elle choisit la plus précieuse, et l’oriente vers les explosifs. Puis elle prononce des formules magiques, les répète, les multiplie...
- C’est une opération très risquée, dit-elle, qui ne réussit pas toujours...
Avec soulagement, les spectateurs voient le monceau des effrayants paquets diminuer de volume. Chacun d’eux se réduit de plus en plus, jusqu’à devenir un fagot de bûchettes.
A l’exception d’un paquet qu’elle met de côté.
- Je ne peux pas mieux faire, dit mamie Goudile, en essuyant son front mouillé de sueur.
- Ce sera fort bien ainsi, chantonnent en choeur chouettes, hulottes et hiboux.
Et tous ensemble, ils vident la modeste armoire de Sylvain; ils en tirent trois draps, les étalent et les couvrent des bâtons nains.
Goudile croise les coins de chaque drap et les noue pour en faire un paquet.
- A vous de jouer, messieurs, lance-t-elle aux aigles royaux, à vous qui êtes assez forts pour enlever parfois de lourds agneaux!... Vous allez, s’il vous plaît, passer par la lucarne, et me transporter ces colis, là où je vais vous dire, en empruntant le chemin que je vais vous indiquer...
Première explosion
Sylvain, ce grand nigaud, au fond bien sympathique, a été assez habile pour persuader les dames du pic d‘Anie que les événements se succèdent exactement comme le souhaitent ces messieurs les serviteurs de Satan.
- Cornedediou, sur la barbe de mon bouc, je vous le jure, mesdames, le feu d’artifice est prêt.
Sophie jette sur ses épaules un châle de soie bleu, Ophélie un jaune, Vanessa un vert, et, sans plus se soucier du berger - on s’occupera de lui plus tard - fouette balai! en route pour l’extermination de la race abhorrée.
Elles aperçoivent bientôt la belle Alix dans le pré, toujours entourée des trois galants, qui continuent de faire autour d’elle des ronds de jambe, leurs pieds fourchus cachés dans de luxueux souliers à talons rouges.
- Hep! hep! nous voilà!... crient les joyeuses furies, en amorçant une descente en piqué.
Comme si elle n’avait attendu que ce signal, Alix écrase sur son nombril une perle d’onguent, sort de son corsage une fourche aux dimensions d’un diapason magique, et Adieu-bye! elle file à la verticale comme une fusée.
Emportées par leur élan, les sorcières tombent dans les bras des démons. Mais l’heure n’est ni aux embrassades ni aux congratulations. Ce n’est qu’un cri :
- La chipie nous échappe!
Ophélie prend en croupe Astaroth, Sophie Azazel et Vanessa Mammon.
Les couples sont sur le point de décoller quand une détonation terrible les arrête : le paquet mis de côté a explosé, la maison du berger vient de sauter. Des pierres, des bottes de foin en feu, des débris de meubles retombent dans un nuage de fumée et de poussière.
- Rattrapons la fille haïssable ! gronde Mammon.
- Pas question! s’exclame Azazel. Si forte qu’elle soit, cette déflagration n’est due qu’à une faible partie de la dynamite! Une explosion plus violente se prépare...
- Aux abris, aux abris, direction les grottes, hurle Astaroth, fuyons, fuyons loin d’ici!...
Les sorcières obtempèrent, elles éperonnent les balais.
L’explosion finale
Les aigles royaux ont transporté leur charge d’une serre ferme dans les grottes, où Goudile a rendu aux bâtons destructeurs leur volume d’origine.
Ensuite, la magicienne, entourée de tous ses oiseaux, est allée s’asseoir au sommet d’une aiguille d’Ansabère, au bord du précipice, serrant entre ses genoux le boîtier servant à commander les explosions.
Elle a déclenché la première, comme elle en avait convenu avec sa chère élève, au moment où les sorcières ont atterri.
Maintenant qu’Alix s’est posée auprès d’elle, son doigt s’impatiente, crispé sur le bouton par l’intermédiaire duquel leur lutte avec les forces du mal va s’achever.
En ce moment, la forme de trois points noirs, qu’elle n’a pas un instant quitté des yeux, se précise. Ce sont les chevaucheurs de balais. Sophie a pris la tête; elle penche le buste en avant et se cramponne au manche de sa machine; son voile bleu flotte derrière elle, mais sans cacher la crinière rouge et les longues oreilles velues d’Azazel. Le manche d’Ophélie colle au balai qui la précède; Astaroth se plaque contre elle, bras tendus vers l’arrière, en recherche de vitesse. Vanessa et Mammon ont moins d’une longueur de retard.
Allez! allez!... Plus vite! plus vite!... Précipitez-vous vers votre destin, monstres immondes!
Ils atteignent l’entrée de leur repaire. Ils se croient à l’abri...
La montagne éclate! Le bruit est assourdissant. Les aiguilles d’Ansabère tremblent. De l’Atlantique à la Méditerranée, toute la chaîne des Pyrénées frémit.
Les grottes ont disparu, en même temps que tout un pan du pic d’Anie. Quand cesse le fracas des écroulements, quand les éboulements des rochers se stabilisent, il faut de bons yeux pour voir ce qu’il reste des démons et des sorcières.
Astaroth est le premier à tenter de se relever; il n’a plus d’oreilles; une masse sanglante lui tient lieu de chevelure. Azazel n’a plus de visage, il n’est reconnaissable qu’au voile bleu qui l’enveloppe. Mammon n’a plus ni bras ni jambes, rien qu’un tronc et une tête dont la moitié a été emportée. Vanessa, Sophie et Ophélie sont défigurées à un point tel qu’on ne les différencie qu’à la couleur de leurs vêtements déchiquetés, et encore faut-il faire vite, car elles seront bientôt uniformément rouge sang, toutes les trois, de la tête aux pieds..
Cependant, Astaroth, Azazel et Sophie, les moins invalides, parviennent à retrouver les balais, à relever les plus mal-en-point. Au prix d’efforts démoniaques, ils se rassemblent, se juchent comme ils peuvent sur leurs engins, et s‘éloignent en rase-mottes, leurs plaies et leurs bosses douloureusement malmenées par un terrain que les machines endommagées ne parviennent plus à survoler.
- Mamie, mamie! ils s’enfuient!... s’écrie Alix.
- Les Magiciennes n’achèvent pas les blessés, ma chérie, retiens cela. Et sois heureuse, car ta grand-mère Louise est vengée : notre vallée est débarrassée de ceux qui incarnaient les forces du Mal.
Épilogue
Pau, capitale du Béarn, est en émoi. Ses journaux en témoignent.
La République raconte le tremblement de terre qui a secoué la vallée d’Aspe, ébranlé la montagne, blessé un massif prestigieux.
L’Éclair rappelle le cataclysme de 1967, la destruction du village d’Arette, à quelques minutes du pic d’Anie, à vol d’aigle.
Mais l’un et l’autre rapportent la perplexité du Centre régional de surveillance sismique.
La lecture des gros titres de cette presse ne rassure guère le pauvre berger, à qui les enfants ont prêté leur cabane.
- Cornedediou, qu’est-ce que je vais faire sans maison? dit-il. Je ne serais pas plus malheureux si j’avais perdu mon troupeau et mes chiens.
- Vous exagérez, berger, réplique Alix.
- Il ne faut pas lire que les tires, monsieur Sylvain, il faut lire aussi ce qui est écrit en petit, ajoute Gaspard. L’un des journaux annonce que les Assurances ne vont pas discuter pour indemniser les victimes. Vous allez avoir une maison neuve.
- Oui, mais en attenten... en attendant?...
- Nous vous laisserons notre tente, dit Jean, Thomas juché sur ses épaules.
- Et notre batterie de cuisine, dit Rosalie.
- Vous êtes trotro... trop gentils, lala... l’année prochaine, quand vous reviendrez, je vous inviterai à penpen... à pendre la crémaillère...
* * *
Ces paroles rappellent à nos jeunes gens que les vacances vont finir.
Les dernières visites à la magicienne sont empreintes de tristesse.
- Je m’ennuierai de vous, mamie Goudile, murmure Alix, en caressant d’une main douce les plantes du plafond. Et je regretterai de n’avoir pas appris davantage en vous écoutant mieux...
- Nous nous reverrons l’été prochain, ma chérie. Ce qu’il faut, c’est penser maintenant à faire une bonne classe de quatrième...
- Et moi, qu’est-ce que je devrais dire, s’exclame Gaspard, j’ai tout loupé...
- Tu te consoleras vite, mon jeune ami, sourit Goudile. Il paraît que tu es très fort en mathématique. A chacun selon ses dons...
La dernière entrevue s’achève sur de chaudes embrassades.
* * *
La veille du départ, Alix et Gaspard se promènent seuls dans la montagne. Leur regard parcourt les aiguilles d’Ansabère, le pic d’Anie, le superbe cirque de Lescun.
- Je pense à une chose... marmonne Gaspard.
- Dis voir...
- Tu t’appelles Pottier, moi Letourneur
- Belle nouveauté! s’esclaffe Alix
- Nous sommes presque frère et soeur, mais nous n’avons pas le même sang...
- Non.
- Je me demande...
- Oui...
- Si la loi... simple question, comme ça... permettrait que...
- Oui...
- Qu’on se marie.
- C’est tout ce que le paysage t’inspire?... sourit Alix.
Elle voudrait rire mais ne peut pas.
Elle le prend par la main et dévale avec lui la pente herbeuse d’un pâturage, en criant :
- ça, mon Balthazar, c’est une autre histoire!
Ce que toute la chaîne des Pyrénées répète en écho derrière eux.
11:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alix ch.17-fin, démon, sorcière, danger, terreur, explosion, sauvés


